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Mwenga : La conservation des forêts communautaires mise sur l’engagement des populations locales

À travers un message d’encouragement adressé à Strong Roots Congo, l’IGED salue les initiatives de sensibilisation, de conservation de la biodiversité et de gouvernance des forêts communautaires dans un contexte socio-économique et sécuritaire difficile au Sud-Kivu.

Par Alvin BUZAKI, Média-Vert, Sud-Kivu

Dans le territoire de Mwenga, la protection des écosystèmes forestiers se joue aussi au niveau des communautés qui vivent à proximité des ressources naturelles. C’est l’un des constats qui ressort d’un message d’encouragement adressé, le 26 septembre 2026, à Strong Roots Congo par l’Initiative pour la Gestion Durable de l’Environnement et la Défense des Droits Humains (IGED asbl Sud-Kivu).

Dans ce document, l’organisation salue notamment les initiatives mises en œuvre en faveur de l’accompagnement des communautés locales dans la sécurisation durable des forêts communautaires du territoire de Mwenga.

La communauté au centre de la conservation

Pour l’IGED, la conservation des forêts ne peut être dissociée des populations qui dépendent directement de ces écosystèmes.

Les communautés locales tirent en effet une partie importante de leurs moyens de subsistance des ressources forestières. Dans son message, l’organisation souligne également la situation des Peuples Autochtones Pygmées, dont les moyens de subsistance sont présentés comme fortement liés aux ressources forestières.

Cette réalité confère à la conservation une dimension à la fois écologique, sociale et économique. La protection d’une forêt communautaire ne consiste donc pas uniquement à préserver la couverture végétale ou les espèces qui y vivent ; elle implique également de prendre en compte les conditions dans lesquelles les populations utilisent, gèrent et sécurisent ces espaces.

La sensibilisation comme outil de conservation

L’IGED met particulièrement en avant les actions de sensibilisation menées à travers les médias, notamment l’émission éducative « Pori na Jamii », diffusée sur Radio Vision Shala Télévision depuis la ville de Kamituga.

Selon l’organisation, ce type d’initiative contribue à informer les communautés sur la protection des forêts, la conservation de la biodiversité et la gestion durable des ressources naturelles.

L’approche présente un intérêt particulier dans les territoires où les populations sont directement confrontées aux conséquences de la dégradation des écosystèmes. La sensibilisation médiatique permet alors de compléter les interventions réalisées sur le terrain en faisant circuler les connaissances et les messages de conservation auprès d’un public plus large.

Des forêts communautaires dans un contexte difficile

Les initiatives évoquées interviennent dans un contexte que l’IGED décrit comme particulièrement difficile, marqué par une situation socio-économique et sécuritaire préoccupante dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Dans cet environnement, la gouvernance des ressources naturelles constitue un enjeu complexe. Les forêts communautaires, les aires protégées et les autres espaces naturels sont soumis à des pressions multiples, tandis que les communautés doivent continuer à répondre à leurs besoins de subsistance.

L’IGED estime ainsi que les actions engagées en faveur de la conservation de la biodiversité et de la gouvernance durable des forêts revêtent une importance particulière pour le Sud-Kivu.

De la protection des forêts à la gouvernance foncière

Le message ne limite pas la conservation à la seule protection de la biodiversité.

L’IGED évoque également la sécurisation foncière des espaces appartenant aux communautés, considérée comme un élément contribuant à la protection des forêts communautaires.

Cette dimension est importante dans une approche de gouvernance durable : lorsque les communautés disposent de mécanismes permettant de sécuriser et de gérer leurs espaces, la conservation peut être davantage intégrée aux systèmes locaux de gestion des ressources.

L’organisation encourage par ailleurs Strong Roots Congo à renforcer, dans ses interventions futures, le soutien aux organisations communautaires de base, afin de contribuer à la pérennisation des acquis et des efforts déjà engagés en faveur de la protection des forêts et du développement durable.

Conservation et développement local, deux enjeux liés

Au-delà de la préservation des écosystèmes, le document met en évidence une autre dimension : l’amélioration des conditions de vie des communautés locales.

L’IGED établit ainsi un lien entre la conservation de la biodiversité, le développement durable et les moyens de subsistance des populations.

Cette approche rejoint une conception intégrée de la conservation selon laquelle la protection des écosystèmes doit tenir compte des réalités économiques et sociales des populations qui en dépendent. La durabilité des actions de conservation repose alors aussi sur la capacité des communautés à participer à la gestion des ressources et à tirer des bénéfices compatibles avec leur préservation.

Un appel à renforcer les acteurs communautaires

En saluant les actions de Strong Roots Congo, l’IGED adresse également un message sur la nécessité de consolider les structures communautaires engagées dans la gestion des ressources naturelles.

Pour l’organisation, le renforcement des organisations communautaires de base pourrait contribuer à maintenir dans la durée les résultats obtenus en matière de protection des forêts et de développement durable.

Dans le territoire de Mwenga, cette dynamique place donc les communautés au cœur d’une équation complexe où se rencontrent conservation de la biodiversité, gouvernance foncière, protection des forêts, moyens de subsistance et développement local.

Le message de l’IGED apparaît ainsi comme un plaidoyer en faveur d’une conservation davantage ancrée dans les réalités locales : protéger les forêts, mais aussi renforcer les communautés appelées à participer à leur gestion et à leur sauvegarde.

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